Enseignement Catholique Au Maroc

Voeux de Mgr Vindent Landel, archevêque de Rabat, président de l’E.C.A.M.

 
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        Il y a quelques jours, via internet, je me suis permis de vous présenter mes vœux en vous invitant, vos directeurs et directrices, mais aussi tous les membres de la communauté éducative sans oublier les parents et les enfants …
                      à être des lumières.
        Je vous invitais à cela en partant de la presque coïncidence de nos grandes fêtes musulmanes et chrétiennes
                         l’Aïd el Khebir
                                       et Noël.
        Ces deux fêtes veulent manifester l’importance pour nous de notre relation à Dieu.
        Ces deux fêtes veulent nous aider à comprendre combien Dieu éclaire nos routes, et combien, par nos vies nous avons à être les témoins de Dieu devant ces enfants qui nous sont confiés.
     Notre projet éducatif de l’ECAM ne repose-t-il pas sur ces deux vérités de base
      - Dieu est créateur de tout être humain
       - Dieu aime tous les hommes
        N’est-ce pas en nous appuyant sur ces convictions et en les vivant que nous avons accepté ces responsabilités auprès des enfants ?
    Je me permets, ce matin, d’approfondir un peu cette réflexion devant vous.
    Car je crois que la famille est le « berceau de la vie et de l’amour ». La famille étant le lieu des premiers regards remplis d’amour ; le lieu des premières paroles pleines d’affection ; le lieu des premiers signes de tendresse …
    Mais je crois en même temps que l’école, en lien avec la famille, est :

    1. Le lieu d’humanisation de la personne et de la société ; c’est là qu’avec votre accompagnement « le petit d’homme » apprendra à mieux se connaître dans ses qualités et ses défauts ; il apprendra à ne pas se croire unique au monde ; ni même le centre du monde. Il apprendra à accueillir et à respecter l’autre différent : c’est alors qu’il grandira en humanité ; comprenant que le fait de se frotter aux autres lui permettra de mieux se connaître en vérité et de s’ouvrir à un monde réel où il a à vivre.

    2. C’est aussi le lieu irremplaçable d’éducation à la paix. En effet, dans une école, dans une classe, il ne s’agit pas de vouloir faire de la concurrence les uns contre les autres ; mais il s’agit que chacun soit stimulé à partir de ce qu’il est sans que personne ne se sente exclu et abandonné sur le bord du chemin. N’est-ce pas tout ce que vous essayez de faire à partir de tous ces projets que les élèves essaient de réaliser. Réalisant des choses ensemble, ne sont-ils pas stimulés à grandir pour se comprendre et s’accueillir différents ?
    3. C’est aussi un lieu où les élèves peuvent faire des expériences déterminantes de paix. N’est-ce pas là que vous leur apprenez une certaine rigueur dans leur vie ; que vous leur apprenez les valeurs de la vérité et du pardon ; où vous êtes invités à vivre devant eux la justice ? En lien avec la famille, n’est-ce pas là que vous leur apprenez à découvrir ce que c’est que de devenir citoyen jusque dans les petites choses de la vie ? Ainsi devenant en paix avec eux-mêmes, ils pourront être des artisans de paix.

        Ainsi l’école devient jour après jour l’une des principales « agence de paix ». Elle le devient non pas en écrivant de grands documents ou en faisant de grands discours, mais en accompagnant, jour après jour, ces enfants sur le chemin de la vie.
        N’avons-nous pas à prendre conscience que dans l’école, nous ne vivons pas les uns à côté des autres par hasard ; mais que nous sommes rassemblés pour parcourir, durant un certain temps, un même chemin, animés par un même esprit qui fait que nous sommes invités à nous reconnaître un peu plus frères et sœurs en humanité ?
        Mais en même temps, nous qui sommes des croyants, n’avons-nous pas à nous engager à vivre notre propre existence, à vivre notre responsabilité, dans une attitude de relation à Dieu, reconnaissant en Lui la source originaire de notre propre existence comme celle de l’existence de tous ces jeunes qui sont sur notre route ?
        Qu’ainsi durant cette année, directeurs et directrices, vous soyez des lumières pour tous ces jeunes mais aussi pour tous les adultes (enseignants, personnel administratif, personne de service, parents) que vous rencontrez chaque jour.
     Qu’ainsi durant cette année, chacune de vos écoles soit une lumière dans la ville où vous êtes insérés.
        Qu’ainsi durant cette année, l’ensemble des écoles de l’ECAM soit une lumière dans ce pays en vivant en vérité votre projet éducatif.

     Bonne année à vous tous et toutes ! 

    Vincent Landel
    Archevêque de Rabat
    Président de l’ECAM